124. FRANCESCO GRANACCI (Villamagna 1469-1543 Florence)

La Vierge et l'Enfant

Panneau de dévotion.

Huile sur panneau de bois tendre, cadre moderne.

(Usures et restaurations, principalement sur le corps de l'Enfant et la main gauche de la Vierge)

48,3 x 31,5 cm. 

 Au revers traces de gesso protecteur et quatre petits renforts de gesso à gauche et un à droite

Inscriptions à la peinture noire en haut « F (rate) Bar(tolomeo) » au centre « Frate » dans

le bas « Raffaellino » . Présence de deux cachets de cire rouge, l'un porteur d'armoiries, est

sans doute un cachet de collection ; l'autre porteur d'inscriptions peu lisibles est un cachet

d'administration.

 Sur le fond neutre du tableau, la Vierge assise, vue à mi-corps, vêtue d'une robe rose framboise et

d'un manteau vert ceignant sa taille, tient l'Enfant nu dans ses bras. Un léger voile blanc couvre,

en partie, sa chevelure blonde encadrant son visage. Elle semble vouloir attirer l'Enfant vers son

sein, en le regardant avec tendresse. Celui-ci, s'en détourne au profit du spectateur, mais reste

relié à sa Mère en s'accrochant à son décolleté. La lumière venant de la gauche éclaire ce groupe

de sa douce luminosité.

 Cette oeuvre, inédite jusqu'ici, est à replacer dans l'ambiance picturale qui suivit l'activité de

Domenico Ghirlandaio (1449-1494) à Florence et, selon Vasari, autour des artistes de l'école

médicéenne du Jardin de San Marco au début du XVIe

 siècle. C'est à l'un de ces peintres,

Francesco Granacci, qu'il faut rendre la paternité de ce tableau de dévotion. Son apprentissage

se déroula au sein de l'atelier de Domenico Ghirlandajo où il connut Michel-Ange (1475-1564)

qui devint son ami et qu'il suivit à Rome en 1508 à la chapelle Sixtine. Il fut également en contact

avec Fra Bartolomeo (1475-1517). Il appartient donc au début de la peinture florentine du XVIe

siècle et son style oscille entre les modes « classique » aux larges formes équilibrées et celles

« maniériste » plus fantaisistes et étirées, décrites par une délicate et vibrante palette chromatique.

 On retrouve ici ce goût dans le choix et la présentation du sujet et dans l'ampleur des formes

enveloppées des draperies. La personnalité de l'artiste se manifeste dans l'attitude pondérée des

personnages au dessin appuyé, dans l'allongement des visages dont les nez pointus et les petites

bouches prolongent de hauts fronts bombés. Ses Christ enfant, au regard souvent attristé,

prémonitoire de la Passion, sont représentés dodus, potelés, le plus souvent nus.

 On rapprochera cette oeuvre de plusieurs autres panneaux de Granacci, dont la Vierge et

l'Enfant entre saint Sébastien et saint François à Castelfiorentino, Museo Santa Verdiana vers

1500-1523 , (cf. Arte in Valdelsa, exposition Certaldo, Palazzo Pretorio, Juillet Octobre 1963,

n° 66 pl. LXIII) dont la Sainte Madeleine, (Munich, Alte Pinakothek, inv. 1068) ou encore

la scène de Sainte Apolline devant ses juges (New York, collection particulière, Fondazione

Zeri, fototeca n°38001) deux oeuvres situées vers 1515-1535. Ces rapprochements permettent de

replacer sans doute l'exécution de notre tableau dans la décennie 1515- 1525.
Live samedi 17 décembre・11:00 (Europe/Paris)
Lot n°124

124. FRANCESCO GRANACCI (Villamagna 1469-1543 Florence) La Vierge et l'Enfant Panneau de dévotion. Huile sur panneau de bois tendre, cadre moderne. (Usures et restaurations, principalement sur le corps de l'Enfant et la main gauche de la Vierge) 48,3 x 31,5 cm. Au revers traces de gesso protecteur et quatre petits renforts de gesso à gauche et un à droite Inscriptions à la peinture noire en haut « F (rate) Bar(tolomeo) » au centre « Frate » dans le bas « Raffaellino » . Présence de deux cachets de cire rouge, l'un porteur d'armoiries, est sans doute un cachet de collection ; l'autre porteur d'inscriptions peu lisibles est un cachet d'administration. Sur le fond neutre du tableau, la Vierge assise, vue à mi-corps, vêtue d'une robe rose framboise et d'un manteau vert ceignant sa taille, tient l'Enfant nu dans ses bras. Un léger voile blanc couvre, en partie, sa chevelure blonde encadrant son visage. Elle semble vouloir attirer l'Enfant vers son sein, en le regardant avec tendresse. Celui-ci, s'en détourne au profit du spectateur, mais reste relié à sa Mère en s'accrochant à son décolleté. La lumière venant de la gauche éclaire ce groupe de sa douce luminosité. Cette oeuvre, inédite jusqu'ici, est à replacer dans l'ambiance picturale qui suivit l'activité de Domenico Ghirlandaio (1449-1494) à Florence et, selon Vasari, autour des artistes de l'école médicéenne du Jardin de San Marco au début du XVIe siècle. C'est à l'un de ces peintres, Francesco Granacci, qu'il faut rendre la paternité de ce tableau de dévotion. Son apprentissage se déroula au sein de l'atelier de Domenico Ghirlandajo où il connut Michel-Ange (1475-1564) qui devint son ami et qu'il suivit à Rome en 1508 à la chapelle Sixtine. Il fut également en contact avec Fra Bartolomeo (1475-1517). Il appartient donc au début de la peinture florentine du XVIe siècle et son style oscille entre les modes « classique » aux larges formes équilibrées et celles « maniériste » plus fantaisistes et étirées, décrites par une délicate et vibrante palette chromatique. On retrouve ici ce goût dans le choix et la présentation du sujet et dans l'ampleur des formes enveloppées des draperies. La personnalité de l'artiste se manifeste dans l'attitude pondérée des personnages au dessin appuyé, dans l'allongement des visages dont les nez pointus et les petites bouches prolongent de hauts fronts bombés. Ses Christ enfant, au regard souvent attristé, prémonitoire de la Passion, sont représentés dodus, potelés, le plus souvent nus. On rapprochera cette oeuvre de plusieurs autres panneaux de Granacci, dont la Vierge et l'Enfant entre saint Sébastien et saint François à Castelfiorentino, Museo Santa Verdiana vers 1500-1523 , (cf. Arte in Valdelsa, exposition Certaldo, Palazzo Pretorio, Juillet Octobre 1963, n° 66 pl. LXIII) dont la Sainte Madeleine, (Munich, Alte Pinakothek, inv. 1068) ou encore la scène de Sainte Apolline devant ses juges (New York, collection particulière, Fondazione Zeri, fototeca n°38001) deux oeuvres situées vers 1515-1535. Ces rapprochements permettent de replacer sans doute l'exécution de notre tableau dans la décennie 1515- 1525.

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124. FRANCESCO GRANACCI (Villamagna 1469-1543 Florence) La Vierge et l'Enfant Panneau de dévotion. Huile sur panneau de bois tendre, cadre moderne. (Usures et restaurations, principalement sur le corps de l'Enfant et la main gauche de la Vierge) 48,3 x 31,5 cm. Au revers traces de gesso protecteur et quatre petits renforts de gesso à gauche et un à droite Inscriptions à la peinture noire en haut « F (rate) Bar(tolomeo) » au centre « Frate » dans le bas « Raffaellino » . Présence de deux cachets de cire rouge, l'un porteur d'armoiries, est sans doute un cachet de collection ; l'autre porteur d'inscriptions peu lisibles est un cachet d'administration. Sur le fond neutre du tableau, la Vierge assise, vue à mi-corps, vêtue d'une robe rose framboise et d'un manteau vert ceignant sa taille, tient l'Enfant nu dans ses bras. Un léger voile blanc couvre, en partie, sa chevelure blonde encadrant son visage. Elle semble vouloir attirer l'Enfant vers son sein, en le regardant avec tendresse. Celui-ci, s'en détourne au profit du spectateur, mais reste relié à sa Mère en s'accrochant à son décolleté. La lumière venant de la gauche éclaire ce groupe de sa douce luminosité. Cette oeuvre, inédite jusqu'ici, est à replacer dans l'ambiance picturale qui suivit l'activité de Domenico Ghirlandaio (1449-1494) à Florence et, selon Vasari, autour des artistes de l'école médicéenne du Jardin de San Marco au début du XVIe siècle. C'est à l'un de ces peintres, Francesco Granacci, qu'il faut rendre la paternité de ce tableau de dévotion. Son apprentissage se déroula au sein de l'atelier de Domenico Ghirlandajo où il connut Michel-Ange (1475-1564) qui devint son ami et qu'il suivit à Rome en 1508 à la chapelle Sixtine. Il fut également en contact avec Fra Bartolomeo (1475-1517). Il appartient donc au début de la peinture florentine du XVIe siècle et son style oscille entre les modes « classique » aux larges formes équilibrées et celles « maniériste » plus fantaisistes et étirées, décrites par une délicate et vibrante palette chromatique. On retrouve ici ce goût dans le choix et la présentation du sujet et dans l'ampleur des formes enveloppées des draperies. La personnalité de l'artiste se manifeste dans l'attitude pondérée des personnages au dessin appuyé, dans l'allongement des visages dont les nez pointus et les petites bouches prolongent de hauts fronts bombés. Ses Christ enfant, au regard souvent attristé, prémonitoire de la Passion, sont représentés dodus, potelés, le plus souvent nus. On rapprochera cette oeuvre de plusieurs autres panneaux de Granacci, dont la Vierge et l'Enfant entre saint Sébastien et saint François à Castelfiorentino, Museo Santa Verdiana vers 1500-1523 , (cf. Arte in Valdelsa, exposition Certaldo, Palazzo Pretorio, Juillet Octobre 1963, n° 66 pl. LXIII) dont la Sainte Madeleine, (Munich, Alte Pinakothek, inv. 1068) ou encore la scène de Sainte Apolline devant ses juges (New York, collection particulière, Fondazione Zeri, fototeca n°38001) deux oeuvres situées vers 1515-1535. Ces rapprochements permettent de replacer sans doute l'exécution de notre tableau dans la décennie 1515- 1525.
Vente samedi 17 décembre・11:00 (Europe/Paris)
Salle 15 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris