105. Bureau à huit pieds dit Mazarin, à décor marqueté sur le plateau, en bois de rapport et ivoire sur fond d'ébène, d'un large vase de fleurs posé sur un entablement sous un dais, flanqué de volutes terminées par des masques de grotesques, rinceaux, oiseaux et papillons en vol. Sous le vase un mascaron de vieillard barbu est flanqué de sphinges ailées et affrontées, assises sur des volutes. Chaque tiroir est marqueté de fleurs épanouies de part et d'autre d'un axe de symétrie matérialisé par une entrée de clés en bronze patiné, fixée au centre d'un motif à décor de masques à feuillages. Chaque côté est également orné de panneaux marquetés illustrant des vases de fleurs posés sur des entablements et entourés de feuilles d'acanthe déchiquetées et volutes. Il ouvre par six tiroirs à façade bombée, répartis dans deux caissons, de part et d'autre d'une niche centrale en retrait ouvrant par une porte convexe surmontée d'un tiroir. Les montants en console reposent sur des pieds en gaine sommés de chapiteaux en bois sculpté et doré, réunis par deux entretoises en «X». Le plateau est bordé par une lingotière en laiton verni. Bâti en sapin et chêne.
Attribué à Renaud GAUDRON.
Epoque Louis XIV, vers 1690.
(Manques à la marqueterie, éléments détachés, renforts en biseau au revers rapportés, trous de vers, entretoise rapportée, pieds et montants rapportés).
Hauteur: 80 cm.
Largeur: 120 cm.
Profondeur: 70, 5 cm.

Notre bureau présente de nombreuses similitudes avec celui conservé au Mobilier national (inv. GME 5564). Les deux plateaux offrent une composition quasi identique, articulée autour d'un vase de fleurs couronné par un dais à lambrequins, près duquel nous observons les sphinges ailées, les profils de mascarons coiffés à l'indienne, le masque de vieillard barbu, ainsi que les oiseaux et papillons en vol.
Tout comme sur le bureau du Mobilier National, quelques fleurs marquetées en ivoire se détachent de la composition.
Attribué lui aussi à Renaud Gaudron, un bureau à huit pieds (documentation galerie Gismondi, Paris) montre de nombreuses similitudes avec notre bureau. Il s'agit de l'emploi de motifs décoratifs récurrents tels que les sphinges ailées, le masque de vieillard barbu ainsi que les profils feuillagés de part et d'autre des entrées de clé des tiroirs.
Enfin, une commode attribuée à Renaud Gaudron (Paris Galliera, Me Ader, 30 mars 1965, lot 69) est ornée sur son plateau d'une marqueterie semblable, reprenant le schéma d'un large dais coiffant un vase de fleurs.
Ce type de bureau connut une grande vogue sous le règne de Louis XIV. Parmi les commandes royales exécutées par Renaud Gaudron, il faut citer deux bureaux livrés le 10 novembre 1688 pour madame de Maintenon à Versailles, recouverts «de marqueterie de bois à fleurs de rapport ayant chacun sept tiroirs et une armoire dans le milieu fermant à clef, dont les entrées des serrures sont de bronze doré, au-dessus est représenté un vaze plein de fleurs pozé sur une table d'attente avec oyseaux et papillons, portez par huit piliers en termes avec bazes et boulles dorés».
Renaud Gaudron fut formé dans l'atelier de son père Aubertin Gaudron, puis devint maître avant juin 1684 lorsque sa mère lui céda la charge de menuisier ordinaire de la duchesse d'Orléans ayant appartenu à son père.
Fournisseur du Garde Meuble de la Couronne dès 1686 puis des Menus Plaisirs à partir de 1698, il compta parmi sa clientèle Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth, maîtresse du roi d'Angleterre Charles II.

Bibliographie:
ALCOUFFE, D., BELLAIGUE, G. de, Le mobilier Renaissance et Louis XIV, coll. Antiquités & Objets d'art, Paris, Fabri, 1991.
DEMETRESCU, C., Les ébénistes de la Couronne sous le règne de Louis XIV, La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2021.
LUNSINGH SCHEURLEER, Th. H., Pierre GOLE, Ebéniste de Louis XIV, éditions Faton, Dijon, 2005.
VERLET, Pierre, Le Mobilier royal français, Paris, t. III, 1994, p. 21-23.
Live mercredi 4 décembre・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°105

105. Bureau à huit pieds dit Mazarin, à décor marqueté sur le plateau, en bois de rapport et ivoire sur fond d'ébène, d'un large vase de fleurs posé sur un entablement sous un dais, flanqué de volutes terminées par des masques de grotesques, rinceaux, oiseaux et papillons en vol. Sous le vase un mascaron de vieillard barbu est flanqué de sphinges ailées et affrontées, assises sur des volutes. Chaque tiroir est marqueté de fleurs épanouies de part et d'autre d'un axe de symétrie matérialisé par une entrée de clés en bronze patiné, fixée au centre d'un motif à décor de masques à feuillages. Chaque côté est également orné de panneaux marquetés illustrant des vases de fleurs posés sur des entablements et entourés de feuilles d'acanthe déchiquetées et volutes. Il ouvre par six tiroirs à façade bombée, répartis dans deux caissons, de part et d'autre d'une niche centrale en retrait ouvrant par une porte convexe surmontée d'un tiroir. Les montants en console reposent sur des pieds en gaine sommés de chapiteaux en bois sculpté et doré, réunis par deux entretoises en «X». Le plateau est bordé par une lingotière en laiton verni. Bâti en sapin et chêne. Attribué à Renaud GAUDRON. Epoque Louis XIV, vers 1690. (Manques à la marqueterie, éléments détachés, renforts en biseau au revers rapportés, trous de vers, entretoise rapportée, pieds et montants rapportés). Hauteur: 80 cm. Largeur: 120 cm. Profondeur: 70, 5 cm. Notre bureau présente de nombreuses similitudes avec celui conservé au Mobilier national (inv. GME 5564). Les deux plateaux offrent une composition quasi identique, articulée autour d'un vase de fleurs couronné par un dais à lambrequins, près duquel nous observons les sphinges ailées, les profils de mascarons coiffés à l'indienne, le masque de vieillard barbu, ainsi que les oiseaux et papillons en vol. Tout comme sur le bureau du Mobilier National, quelques fleurs marquetées en ivoire se détachent de la composition. Attribué lui aussi à Renaud Gaudron, un bureau à huit pieds (documentation galerie Gismondi, Paris) montre de nombreuses similitudes avec notre bureau. Il s'agit de l'emploi de motifs décoratifs récurrents tels que les sphinges ailées, le masque de vieillard barbu ainsi que les profils feuillagés de part et d'autre des entrées de clé des tiroirs. Enfin, une commode attribuée à Renaud Gaudron (Paris Galliera, Me Ader, 30 mars 1965, lot 69) est ornée sur son plateau d'une marqueterie semblable, reprenant le schéma d'un large dais coiffant un vase de fleurs. Ce type de bureau connut une grande vogue sous le règne de Louis XIV. Parmi les commandes royales exécutées par Renaud Gaudron, il faut citer deux bureaux livrés le 10 novembre 1688 pour madame de Maintenon à Versailles, recouverts «de marqueterie de bois à fleurs de rapport ayant chacun sept tiroirs et une armoire dans le milieu fermant à clef, dont les entrées des serrures sont de bronze doré, au-dessus est représenté un vaze plein de fleurs pozé sur une table d'attente avec oyseaux et papillons, portez par huit piliers en termes avec bazes et boulles dorés». Renaud Gaudron fut formé dans l'atelier de son père Aubertin Gaudron, puis devint maître avant juin 1684 lorsque sa mère lui céda la charge de menuisier ordinaire de la duchesse d'Orléans ayant appartenu à son père. Fournisseur du Garde Meuble de la Couronne dès 1686 puis des Menus Plaisirs à partir de 1698, il compta parmi sa clientèle Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth, maîtresse du roi d'Angleterre Charles II. Bibliographie: ALCOUFFE, D., BELLAIGUE, G. de, Le mobilier Renaissance et Louis XIV, coll. Antiquités & Objets d'art, Paris, Fabri, 1991. DEMETRESCU, C., Les ébénistes de la Couronne sous le règne de Louis XIV, La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2021. LUNSINGH SCHEURLEER, Th. H., Pierre GOLE, Ebéniste de Louis XIV, éditions Faton, Dijon, 2005. VERLET, Pierre, Le Mobilier royal français, Paris, t. III, 1994, p. 21-23.

Résultat
8 600 €
Frais de vente
30%
105. Bureau à huit pieds dit Mazarin, à décor marqueté sur le plateau, en bois de rapport et ivoire sur fond d'ébène, d'un large vase de fleurs posé sur un entablement sous un dais, flanqué de volutes terminées par des masques de grotesques, rinceaux, oiseaux et papillons en vol. Sous le vase un mascaron de vieillard barbu est flanqué de sphinges ailées et affrontées, assises sur des volutes. Chaque tiroir est marqueté de fleurs épanouies de part et d'autre d'un axe de symétrie matérialisé par une entrée de clés en bronze patiné, fixée au centre d'un motif à décor de masques à feuillages. Chaque côté est également orné de panneaux marquetés illustrant des vases de fleurs posés sur des entablements et entourés de feuilles d'acanthe déchiquetées et volutes. Il ouvre par six tiroirs à façade bombée, répartis dans deux caissons, de part et d'autre d'une niche centrale en retrait ouvrant par une porte convexe surmontée d'un tiroir. Les montants en console reposent sur des pieds en gaine sommés de chapiteaux en bois sculpté et doré, réunis par deux entretoises en «X». Le plateau est bordé par une lingotière en laiton verni. Bâti en sapin et chêne. Attribué à Renaud GAUDRON. Epoque Louis XIV, vers 1690. (Manques à la marqueterie, éléments détachés, renforts en biseau au revers rapportés, trous de vers, entretoise rapportée, pieds et montants rapportés). Hauteur: 80 cm. Largeur: 120 cm. Profondeur: 70, 5 cm. Notre bureau présente de nombreuses similitudes avec celui conservé au Mobilier national (inv. GME 5564). Les deux plateaux offrent une composition quasi identique, articulée autour d'un vase de fleurs couronné par un dais à lambrequins, près duquel nous observons les sphinges ailées, les profils de mascarons coiffés à l'indienne, le masque de vieillard barbu, ainsi que les oiseaux et papillons en vol. Tout comme sur le bureau du Mobilier National, quelques fleurs marquetées en ivoire se détachent de la composition. Attribué lui aussi à Renaud Gaudron, un bureau à huit pieds (documentation galerie Gismondi, Paris) montre de nombreuses similitudes avec notre bureau. Il s'agit de l'emploi de motifs décoratifs récurrents tels que les sphinges ailées, le masque de vieillard barbu ainsi que les profils feuillagés de part et d'autre des entrées de clé des tiroirs. Enfin, une commode attribuée à Renaud Gaudron (Paris Galliera, Me Ader, 30 mars 1965, lot 69) est ornée sur son plateau d'une marqueterie semblable, reprenant le schéma d'un large dais coiffant un vase de fleurs. Ce type de bureau connut une grande vogue sous le règne de Louis XIV. Parmi les commandes royales exécutées par Renaud Gaudron, il faut citer deux bureaux livrés le 10 novembre 1688 pour madame de Maintenon à Versailles, recouverts «de marqueterie de bois à fleurs de rapport ayant chacun sept tiroirs et une armoire dans le milieu fermant à clef, dont les entrées des serrures sont de bronze doré, au-dessus est représenté un vaze plein de fleurs pozé sur une table d'attente avec oyseaux et papillons, portez par huit piliers en termes avec bazes et boulles dorés». Renaud Gaudron fut formé dans l'atelier de son père Aubertin Gaudron, puis devint maître avant juin 1684 lorsque sa mère lui céda la charge de menuisier ordinaire de la duchesse d'Orléans ayant appartenu à son père. Fournisseur du Garde Meuble de la Couronne dès 1686 puis des Menus Plaisirs à partir de 1698, il compta parmi sa clientèle Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth, maîtresse du roi d'Angleterre Charles II. Bibliographie: ALCOUFFE, D., BELLAIGUE, G. de, Le mobilier Renaissance et Louis XIV, coll. Antiquités & Objets d'art, Paris, Fabri, 1991. DEMETRESCU, C., Les ébénistes de la Couronne sous le règne de Louis XIV, La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2021. LUNSINGH SCHEURLEER, Th. H., Pierre GOLE, Ebéniste de Louis XIV, éditions Faton, Dijon, 2005. VERLET, Pierre, Le Mobilier royal français, Paris, t. III, 1994, p. 21-23.
Vente mercredi 4 décembre・14:00 (Europe/Paris)
Salle 6 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris